L’équipe enseignante et étudiante en architecture de l’atelier « Cracker la ville » est heureuse de vous inviter à participer à la SAM – Mirail #4, quatrième édition de la Semaine Architecturale de Médiation du Mirail.

SAM#4 et JEE#1 2015_Affiche

Elle se déroulera :

Du Lundi 12 au Vendredi 16 janvier 2015, et vous accueillera
Tous les jours entre 9h et 18h à l’Atelier B (métro Reynerie)
3-8 place André-Abbal, 31100 Toulouse

Du 12 au 16 janvier 2015, étudiants et enseignants animeront une série d’ateliers visant à mieux comprendre les espaces modernes, leurs transformations et leurs conditions de réhabilitation, en partenariat avec la MGPV, Les Chalets, Toulouse-Habitat et Patrimoine.

Le lundi 12 janvier des visites commentées du quartier de la Reynerie sont organisées, des espaces publics jusqu’aux sphères de l’intime. Elles seront toutes accompagnées par les institutions et/ou associations qui participent aujourd’hui à leurs usages et/ou à leurs transformations. Une carte vous indique en pièce jointe les différents lieux proposés et les moyens de s’y rendre.

Mardi 13 janvier se tiendra à l’ENSA de Toulouse la première Journée Européenne d’Echanges. Enseignants et chercheurs croiseront les situations relevées l’Est et à l’Ouest de l’Europe autour de la question du partage de l’espace public / collectif / privé.

Mercredi, les étudiants restitueront les visites du lundi pour dessiner les contours d’une image projetée contemporaine, partagée par les associations et institutions partenaires.

Jeudi matin, une Action Urbaine Collective se tiendra sur le marché de la Reynerie : un nouvel Atelier de Manufacture Urbaine permettra de prendre place dans l’espace public pour créer une rencontre festive et participative des usagers du marché.

Le midi, l’atelier participera à un repas-débat organisé par l’association TO7 sur le futur partagé du Mirail : il présentera ses analyses de la veille pour dialoguer  avec les publics et établir des principes de transformations architecturales et urbaines.

Ces propositions de transformations seront présentées vendredi 16 janvier, d’abord de manière informelle à partir de 14h00, puis dans le cadre d’une présentation publique à 17h00, suivie d’un apéritif de clôture interculturel.

L’exposition des travaux est programmée jusqu’à la fin du mois de janvier à l’atelier B. Elle sera présentée ensuite dans les locaux des institutions partenaires.

Pour en voir et savoir plus sur les précédentes SAM, la JEE, l’atelier CLV ou le groupe de recherche F²S, rendez-vous sur notre dropbox en suivant ce lien.

Comptant sur votre présence et votre participation,

Pour l’équipe,

Thomas LEQUOY, Clara SANDRINI, Florian FAURISSON

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page 1 copy pour siteJournées d’Echanges Européennes

Mardi 13 Janvier à partir de 9h, à l’ENSA Toulouse – Salle 1 –

Dans le cadre des échanges tissés entre la Bulgarie et la France ces dernières années, la création d’une journée d’études franco-bulgare nous a semblée nécessaire. La rencontre des différents partenaires sur le territoire du Mirail à Toulouse est un moment fort de cette coopération internationale.

Cette année, cette journée d’études aura lieu à l’ENSA Toulouse le 13 Janvier 2015. Elle est l’occasion de rapprocher les différents partenaires franco-bulgares et de partager nos regards autour du thème du partage de l’espace collectif et de l’espace public. Cette journée d’études franco-bulgare s’inscrit dans les thématiques proposées lors du workshop SAM Mirail #4 au sein de l’atelier Cracker la Ville : le vécu des espaces modernes, leur transformation et les conditions de leurs évolutions collectives et durables

Aujourd’hui le patrimoine moderne fait l’objet de transformations radicales en Europe, qu’il soit d’ailleurs reconnu ou non en tant que patrimoine. En France, les quartiers modernes d’habitations collectives comme celui du Mirail font l’objet d’un processus de rénovations urbaines soutenues par l’Etat et de plus en plus en contraintes à l’implication des habitants. En Bulgarie, les habitants / propriétaires transforment les espaces extérieurs et intérieurs, posant ainsi d’entrée de jeu leur participation comme condition nécessaire d’une perspective de réhabilitation.

Entre l’Ouest et l’Est européen, la notion d’espace architectural et urbain ne s’examine pas de la même manière : la collectivisation (même passagère) des sols dans les pays de l’est introduit en effet la notion d’espace collectif appartenant pour partie au groupe habitant. Il en résulte des transformations et des adaptations spatiales qui cristallisent un partage de l’espace, entre création et construction des espaces architecturaux, et gestion et entretien des espaces communs à plusieurs échelles (cage d’escalier, entre-barres, groupes de barres). Ce partage de l’espace interroge alors la notion d’espace public comme une représentation des consensus et des dissensus qui animent les interactions des collectifs d’acteurs dans réhabilitation du patrimoine moderne. Il amène à investiguer les manifestations, les revendications, les conflits et/ou les négociations comme des outils pour une répartition des rôles et des places des différents collectifs en présence. Il implique les collectifs habitants (associatifs ou non) dans la gestion, la transformation et l’entretien des espaces architecturaux et urbains.

Le croisement des situations européennes entre est et ouest propose ainsi d’examiner les conditions de la réhabilitation participative des ensembles d’habitations collectives. De l’espace public jusqu’aux logements, comment ont-ils été conçus et construits? Comment et par qui ont-ils été entretenus et transformés? Comment et par qui leurs espaces extérieurs sont-ils occupés?
Et, désormais, de quelles politiques publiques ou initiatives privées sont-ils l’objet?

Florian FAURISSON, Clara SANDRINI

Jean-Paul COLTAT, Directeur Général du Groupe des Chalets et Monique REYRE, Directrice de l’ENSA de Toulouse, avec l’équipe enseignante et étudiante de l’atelier « Cracker la ville » sont très heureux de vous inviter :
 

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LUNDI 8 septembre 2014 à 18h00
Rez-de-chaussée de la Résidence Poulenc – face à la rue de Kiev à Toulouse (métro Reynerie)
 
au vernissage de l’exposition « Patrimoines ordinaires et Métropolisation », présentation des travaux des étudiants de l’Ecole Nationale d’Architecture (ENSA) de Toulouse et des ateliers menés avec les habitants « Cracker la ville ».
 
Durant 3 ans, les étudiants de l’ENSA de Toulouse ont participé aux Semaines Architecturales de Médiation du Mirail (SAM-MIRAIL). Ils ont participé à des actions collectives pour reconstituer l’histoire et collecter les mémoires. 
L’exposition présente également les travaux réalisés du métro Capitole au métro Balma. Elle reprend les panneaux réalisés par la Fabrique Urbaine de Toulouse Métropole en avril 2014. 
Elle présente donc le Mirail dans sa métropole et propose aux habitants un parcours dans l’imaginaire urbain. 
 
Ce vernissage sera suivi d’un moment de convivialité autour d’un apéritif.
 
Comptant sur votre présence,

Brigitte DELORME et Clara SANDRINI

La mission effectuée en avril-mai 2014 a associé des étudiants de master et de doctorat et des
enseignants de Toulouse et de Sofia. Elle a été constituée de plusieurs éléments :
– Explorations collectives de l’ensemble des terrains proposés par les étudiants : observations des
pratiques sociales, provocation des habitus, entretiens libres sans langues définies.
– Explorations individuelles des terrains par les étudiants : relevés au 1/2000, définition de lieux
signifiants et relevés au 1/500, entretiens, observations participantes,
– Actions collectives dans le cadre des « Days of Architectural Mediation » de Lyulin (programme
joint),
– Synthèses graphiques et écrites des analyses menées,
– Présentation collective du projet de recherche à l’Institut Français.

Composition de l’équipe étudiante
La mission a impliqué quatre étudiants du séminaire « Images de ville » (master 1) : Cécile Marzorati,
Carole Ficat, Ana Pasina et Matthieu Luengo, dont les études ont situé la planification dans l’histoire
urbaine, politique et sociale de la Bulgarie (semestre 1) pour ensuite les confronter aux terrains centraux
et périphérique (semestre 2). Ils ont été accompagnés par trois étudiants du « parcours recherche »
(master 2) : Florie Medus, David Esteban et Florian Faurisson, qui ont utilisé cette mission pour structurer
leurs projets de recherche doctorale. Ces étudiants de master ont bénéficié de la présence des deux
doctorants en architecture, Thomas Lequoy et Emilie Calvet, qui ont pu effectuer leurs relevés de
terrain et les mettre en perspective avec la diversité des sites étudiés.
Deux étudiants de l’ENSA de Normandie, Léopold Cart et Simon Cheveau, ont participé à la mission
dans le cadre de leur mobilité erasmus.
Une étudiante bulgare, Béata Borissova, en mobilité l’annee prochaine à l’ENSA de Toulouse avec
Vladimir Georg Krastev, a participé au workshop.
Composition de l’équipe enseignante
A l’ENSA de Toulouse, les enseignants du séminaire « Images de ville » sont pleinement investis dans
l’initiation à la recherche et l’encadrement des étudiants : l’équipe interdisciplinaire (Caterine
Réginensi, Noel Jouenne, Pierre Weidknnet, Mohammed Zendjebil, Carl Hurtin, Clara Sandrini) assure un
suivi continu de la progression des étudiants, de la problématisation à la formalisation du mémoire de
master 1.
Les étudiants du « parcours recherche » suivent la formation à la recherche proposée par l’ENSA de
Toulouse. Ils sont dirigés par un enseignant du séminaire « Images de ville » et soutiennent un mémoire
de master 2 devant un jury composé de trois docteurs et deux chercheurs « habilités à diriger des
recherches ».
Les doctorants en architecture participent à l’encadrement des mémoires de master 1 et à la journée
doctorale organisée par l’ENSA et le LRA, pour laquelle ils doivent s’associer à un étudiant(e) du
« parcours recherche » et réaliser un poster conjoint de leurs recherches. Ils ont participé à
l’encadrement des étudiants français et bulgares et Émilie Calvet à participé au cours de Miléna
Metalkova sur l’architecture contemporaine.
A l’UACG, plusieurs enseignants sont impliqués dans l’organisation de la mission et la coordination du
projet de recherche : Miléna Metalkova-Markova s’intéresse aux modalités de comparaison entre
Toulouse et Sofia ; Dimitar Andreychin est associé à la direction des mémoires de master 1, master 2 et
des doctorants : il apporte des savoirs historiques vécus et les transmet par le biais de « conférences en
marchant » ou de « conférences participatives ».
Programme
Le programme de la mission 2014 s’est déroulé du 29 avril au 8 mai (voir calendrier). Il a comporté des
visites collectives et individuelles, durant lesquels les étudiants ont été amenés à dialoguer en anglais
avec les usagers-habitants. Ils ont ainsi effectués des entretiens et des relevés socio-spatiaux de
différents microrayons, qu’ils ont pu comparer lors des visites et des moments de synthèse collective.
La mission a également proposé une expérimentation des workshops organisés par l’ENSA-LRA de
Toulouse au Mirail (SAM-MIRAIL), pour initier une collaboration plus précise entre l’ENSA de Toulouse et
l’UACG. Un workshop de deux jours a été ainsi organisé à et sur Lyulin, avec les étudiants français de
l’ENSA de Toulouse, ceux en mobilité à Sofia et des étudiants bulgares (mobilité en France en 2014-15).
– Dimitar Andreychin a proposé une « conférence en marchant » pour transmettre ses savoirs sur
la conception du quartier,
– les étudiants du « parcours recherche » et les doctorants ont ensuite construit une structure
légère dans l’espace collectif pour mesurer la perméabilité des habitants à la « provocation
des habitus »,
– Dimitar Andreychin a enfin effectué une mise en perspective historique en fournissant des
documents d’archives et en répondant aux questions de l’ensemble des étudiants (master 1,
master 2 et doctorants).

La mission comportait également une conférence à l’Institut Français en partenariat avec l’UACG (7
mai, 15h00-18h00) durant laquelle tous les participants ont présenté les avancées de leurs recherches. Il
en résulte un texte qui articule ces différentes études pour proposer un projet de recherche
d’ensemble.
Enfin, Emilie Calvet a donné un cours en anglais (13 mai 2014, 18h00-20h00) à l’UACG dans le cadre du
cycle de « lectures » d’architecture contemporaine dispensé par Miléna Metalkova. Le cours, portant sur
la philosophie et l’architecture d’Odile Decq s’est effectué devant des étudiants européens en mobilité
et des étudiants bulgares. Émilie Calvet à également participé au cours suivant (20 mai 18h00-20h00)
en tant que discutante.
Synthèse des analyses
Les étudiants du séminaire se sont attachés à transposer les problématiques et terminologies
occidentales sur le terrain sofiote : ils se sont ainsi intéressés aux conditions et aux formes de
participation des habitants, entre formel et informel.
– Carole Ficat a étudié Drujba et le « pouvoir d’agir » des citoyens sur l’espace habité. Elle a
analysé la place de l’organisation sociale dans la modification de l’espace habité et son
appropriation à-postériori de sa construction. Elle a mis en exergue différents niveaux de
cohésion sociale de l’échelle individuelle ou familiale (la cellule) à la cage d’escalier et a
démontré la transposition de cette échelle collective dans l’aménagement de l’espace
collectif intermédiaire (entre les barres d’habitation).
– Ana Pasina a analysé la partie contemporaine de Lozenets, directement desservie par le
prolongement de la ligne de métro. En analysant les temps de conception, construction et
occupation des édifices architecturaux modernes et contemporains, elle a mis à jour une
fracture culturelle qui interroge la pérennité de l’architecture contemporaine et la
réhabilitation de l’architecture moderne.
– Mathieu Luengo a étudié l’apparition de l’espace public dans le centre-ville de Sofia,
notamment sur la chaussée du boulevard Vistosha. Il a investigué le point de rencontre entre la
forme sociale bulgare et la forme spatiale mise en place par la ville, en se questionnant sur les
adaptations et/ou les conflits d’usages. Il a démontré une organisation politique de l’espace
public (gestion des extensions commerciales) qui ne s’accorde pas aux dessins des espaces
(évolution du projet dans le temps).
– Cécile Marzorati a travaillé sur la ville plurielle et sur les relations qu’il peut exister entre la ville
formelle et la ville informelle. En analysant le gilo-rayon de Mladost (1 et 2), elle a interrogé les
interactions entre les différents acteurs (habitants-politiques-architectes) dans les interstices
urbains (les entre-barres). Elle a montré une forme de délaissé de gouvernance urbaine qui
offre une liberté d’appropriation et d’occupation qui n’existe pas en Europe occidentale.
Les étudiants du parcours recherche ont développé leurs études pour structurer leur projet de
recherche doctorale : ils ont effectué des relevés de terrain et animé les visites collectives pour affiner
leurs hypothèses et élaborer une méthodologie d’enquête.
– Florian Faurisson a prolongé son travail sur les transformations spatiales réalisées par les
habitants sur Lyulin en explorant les limites du secteur 6. La mise en perspective des visites
collectives lui a permis d’évaluer l’impact des territoires ordinaires aux différentes échelles de la
métropole. Il a ainsi précisé son territoire d’études (transect) constitué par des espaces du
quotidien, et affiner la méthodologie comparative qu’il développe entre Toulouse et Sofia.
– David Esteban, a étudié une nouvelle fois les traces d’occupations sociales, en élargissant son
point de vue aux autres quartiers de la ville de Sofia. Par le parcours à pieds du grand
boulevard du Tsar Boris III, et sa participation aux visites collectives, il a identifié des niveaux
d’articulation des collectifs d’acteurs (architectes, politiques et habitants) dans la fabrication
de la ville et des quartiers. Il analyse l’inscription spatiale des collectifs d’acteurs, en
décomposant les seuils physiques et sociaux d’un fragment de ville (un transect) hétérogène et
protéiforme. Il interroge ainsi la fabrication de l’image architecturale et urbaine faubourienne
de Sofia.
– Florie Medus a affiné sa compréhension de la construction de l’espace bulgare en comparant
les différents terrains lors des visites collectives. Elle suppose que les expérimentations menées à
Drugba témoignent d’un processus de conception et de construction ouvert à la participation
des habitants. Elle interroge donc les interactions entre les architectes et les habitants dans la
fabrication de la ville, tant durant la période socialiste que depuis l’indépendance.

Les doctorants ont testé leurs méthodologies et leurs hypothèses directrices : ils ont effectué des relevés
complémentaires et des entretiens pour affiner la compréhension de l’histoire urbaine et sociale et
définir les limites de leurs terrains d’enquête.
– Emilie Calvet a étudié les changements opérés sur les façades ainsi que les traces des
occupations sociales des pieds d’immeubles et des entre-barres dans plusieurs quartiers
(Lagera, Lozenets, Mladost, Drujba1, Tsargradski). Elle s’interroge sur les échelles de
détournements des cadres législatifs et réglementaires, qu’elle suppose héritée du droit
ottoman.
– Thomas Lequoy a complété son analyse de l’histoire de la planification du quartier de Lyulin. Il
a dressé les cadres des interventions des architectes durant la période socialiste, a comparé la
conception architecturale et urbaine et sa construction, pour enfin relever les types de
réhabilitations habitantes. S’interrogeant sur les pratiques « modernes » de l’architecture, il
développe l’hypothèse que la construction des ensembles d’habitations (micro-rayons) est une
action collective qui réduit la maîtrise de l’oeuvre en l’ouvrant à la participation des habitants.

Depuis l’année universitaire 2011-12, l’ENSA de Toulouse organise des missions d’études et de relevés à
Sofia, en Bulgarie, durant lesquelles les étudiants du « séminaire Images de ville » (master 1) confrontent
l’histoire urbaine aux réalités de terrain.
Dès 2012, l’UACG et l’ENSA-LRA de Toulouse se sont engagés dans un projet scientifique et
pédagogique (« Long Live Modernism ») qui compare plusieurs situations urbaines des pays de l’est
européen, en partenariat avec des écoles d’architecture : Tallinn (EKA), Budapest (BMU) et Bucarest
(Ion Mincu). Ce projet interroge la conception architecturale et urbaine « moderne » et « postmoderne
» pour analyser les méthodes de projet et de réalisation, les types d’occupations et de
transformations appliquées par les habitants, la répartition des sols et les perspectives de réhabilitations
contemporaines.
La nature de ce projet a conduit certains étudiants du séminaire « Images de ville » à prolonger leurs
études architecturales et urbaines dans le cadre du « parcours recherche » (master 2), puis d’un
doctorat en architecture.
2012 : premier contact avec le terrain sofiote
Cette mission a permis de multiples visites de sites individuelles et collectives, durant lesquelles ont été
réalisés des relevés socio-spatiaux des principaux grands ensembles (microrayons) de la ville.
– Raphaële Sabathié et Uyen N’Guyen ont analysés Lyulin : elles ont mis en exergue la difficulté
de contrôle des réalisations privées depuis l’indépendance. Elles ont analysé le contraste entre
les constructions modernes et celles issus de la période contemporaine (post-indépendance)
pour mesurer les différentes traces de l’histoire dans le tissu urbain du quartier.
– Florie Medus a analysé Drugba, lieu de la Semaine Architecturale de Sofia (SAW) depuis 2009 :
elle a relevé toutes les époques de construction et toutes les formes d’occupations informelles
pour mettre en exergue un principe d’expérimentation constructive de la planification
moderne.
– Emilie Calvet a analysé Lozenets, quartier situé à proximité du centre-ville : elle a relevé toutes
les formes d’occupations informelles pour analyser les transformations sociales du bâti et la
hiérarchisation de l’espace mise en oeuvre par les habitants.
– Julie-Anne Sage a étudié Studentygrad, quartier étudiant dans lequel les constructions privées
envahissent l’espace. Elle a analysé la façon dont les constructions contemporaines font le lien
entre les usages et les constructions modernes.
Une présentation publique des problématiques et des premiers relevés a offert un premier échange
entre les étudiants, l’enseignante de l’ENSA, deux enseignants de l’UACG (Georgi Stanishev : directeur
du département Histoires et Théories de la conception architecturale, Milena Metalkova : vice
directrice des affaires scientifiques et internationales), un enseignant de Varna (Todor Boulev : recteur
du département Histoires et Théories de la conception architecturale), le maire de quartier de Luylin et
le co-organisateur de la SAW 2011 (Ljubo Georgiev). Le choix des terrains, la qualité des relevés et la
pertinence des analyses ont convaincu l’UACG de développer un partenariat et de signer une
convention Erasmus.

 

2013 : vers une médiation architecturale
Cette mission a associé les étudiants du séminaire « Images de ville » (master 1) à deux étudiantes du
« parcours recherche » (master 2). Elle a pris place durant le Congé pour Etudes et Recherches (CER)
de Clara Sandrini et a été encadrée par un doctorant : Thomas Lequoy. L’hétérogénéité des
– 2 –
participants a conduit à la création du « Collectif de Recherche sur l’Architecture Bulgare » (CRAB) et à
la rédaction d’une charte d’engagement.
Durant cette mission, les étudiants du séminaire ont prolongé les études de l’année précédente en
précisant l’histoire de la planification de Sofia et en effectuant plusieurs relevés socio-spatiaux de
microrayons : le choix effectué a permis de conforter les hypothèses développées sur le quartier de
Luylin et de les comparer à des microrayons encore non explorés.
– Antonin Ducasse et Florian Faurisson ont analysé Lyulin : ils ont retracé l’origine des différentes
transformations de cet espace urbain. L’un a exploré le rôle de l’architecte planificateur
(Dimitar Andreychin) que le groupe étudiant a pu interroger, l’autre s’est intéressé aux
conditions d’appropriations données ou prises par les habitants. Les deux se sont rejoint sur la
question de l’inscription des formes sociales dans l’espace et ont ainsi posé l’enjeu d’une
possible médiation architecturale entre les acteurs politiques et les usagers-habitants.
– Roxane Savarzeix a étudié Mladost II : elle a d’abord relevé les différentes époques de
construction en se basant sur les types d’édifices bâtis. Elle a ensuite analysé l’évolution des
rapports de production public/privé de l’espace urbain et les règles tacites d’aménagement
et d’entretien des espaces.
– David Esteban a étudié Lagera, quartier situé entre le centre-ville et les quartiers périphériques :
il a analysé les traces d’occupations sociales dans les espaces privés collectifs, privés
individuels, publics collectifs, publics individuels. Il a construit la notion d’image urbaine comme
interaction entre les habitants, les concepteurs et les institutions politiques. Il a ainsi mis en
exergue une image de faubourg sofiote, hétérogène et protéiforme.
– Marion Sage a étudié Poduyane, quartier situé à l’est du centre-ville et constitué d’un tissu
hétérogène associant des barres d’habitations à des maisons individuelles et/ou collectives :
elle a montré le marquage spatial des groupes sociaux à plusieurs échelles (cage d’escalier,
barre, groupe de barres). Elle a ainsi donné des informations sur les processus de répartition de
l’espace collectif, dont tous les habitants sont propriétaires (à quelques %), sans que cette
propriété soit spatialisée.
Les étudiantes du parcours recherche se sont attachées à situer leurs analyses dans une perspective
plus vaste : elles ont ainsi participé à l’ensemble des visites de terrain, pour comparer les tissus urbains et
les occupations sociales.
– Florie Medus a prolongé son analyse de Drugba en développant l’hypothèse d’un principe
d’expérimentation constructive qui caractériserait la logique de production de l’espace
moderne, où l’observation des transformations sociales de l’habitat serait à l’origine des
transformations typologique apportées par les architectes et les acteurs politiques.
– Emilie Calvet a développé son analyse sur Lozenets pour affiner sa lecture sociale des formes
spatiales : elle a organisé « un vocabulaire de l’espace collectif informel à Sofia », dont elle a
mesuré les échelles de cohésion sociale (individuelle, familiale, cage d’escalier).
Thomas Lequoy, doctorant en architecture au sein du LRA, a utilisé cette mission pour dresser le cadre
d’une comparaison entre le quartier de Luylin et celui du Mirail à Toulouse, en se centrant sur la lecture
des idées sociales portées par les architectes, de la conception du quartier à sa réhabilitation. Il a ainsi
formulé l’hypothèse de deux « épistémès modernes », celle de Sofia étant caractérisée par la
transgression des limites politique/privé et individuel/collectif.
Les études et recherches menées au sein du CRAB ont été présentées à l’UACG en début de mission
et, en fin de mission, à l’Institut Français, dans le cadre d’une conférence organisée par Gilles Rouet et
Svobodna Vrantcheva, responsable du master « Patrimoine et modernité » à l’UNIBITI et directrice du
projet « La ville moderne et l’identité nationale ». La proximité des thèmes de recherche sur « la
médiation architecturale » entre Svobodna Vrantcheva et Clara Sandrini, la qualité des relevés
effectués par les étudiants et la pertinence des analyses de la situation foncière, ont conduit les
participants à développer l’hypothèse d’une permanence du droit ottoman dans la culture bulgare.
Cette hypothèse conduit désormais le travail de doctorat en architecture d’Emilie Calvet sur « le
détournement des espaces sofiotes ».

Entre planification et architecture contemporaine : une articulation des temps

La ville de Tallinn, en Estonie, a su profiter de sa candidature pour devenir la capitale européenne de la culture en 2011, pour mettre en place un plan d’organisation dont les prospectives s’étendent jusqu’en 2026. La ville cherche à recomposer son territoire en s’associant aux autres villes d’Estonie (Tartu, la ville étudiante, Parnu, la ville balnéaire et Hapsalu, la ville côtière), pour mettre en réseau les territoires urbanisés tout en respectant les territoires ruraux [1]. Elle a ainsi pu créer une dynamique touristique et économique, en opérant une suture entre son centre historique inscrit au patrimoine mondial [2]et son centre moderne, construit pendant la période d’occupation soviétique.

La recomposition du centre moderne

Caractéristique des villes de l’ancien bloc de l’Est, ce centre moderne a été planifié dans les années cinquante [3], à proximité immédiate du centre historique. Ce dispositif monumental mettait en scène des ensembles d’habitations collectives édifiées dans les années cinquante, le siège du parti communiste construit dans les années soixante et, de part et d’autre de cet édifice, de larges espaces publics: l’esplanade dédiée aux représentations du parti et le parc Lembitu. Rénové en 1999, ce bâtiment est aujourd’hui le Ministère des affaires étrangères et comporte, à son pied, une plaque commémorative de l’indépendance de l’Estonie, obtenue le 22 août 1991.

Un peu plus au nord, à l’entrée de la ville historique, le grand hôtel Viru surplombait le centre moderne: cet immeuble de 22 étages, premier bâtiment de grande hauteur construit à Tallinn, a été entièrement réhabilité en 1994. Son socle a été prolongé et réinvestit en centre commercial transversal, pour relier le centre historique et le nouveau « centre d’affaire » qui émerge du paysage urbain de Tallinn.

Construit pour répondre à une demande croissante de locaux d’activités après l’indépendance, ce Central Business District prolonge ainsi la tradition, tant occidentale qu’orientale, des constructions de grandes hauteurs, tout en organisant une mixité programmatique inédite dans les CBD occidentaux. C’est, en effet, l’ensemble d’un quartier qui prend de la hauteur: bureaux, logements, équipements et commerces s’étirent et dialoguent dans l’espace, produisant une mixité urbaine (sociale, fonctionnelle et spatiale) proche des anciens micro-rayons [4]. L’école d’architecture y a tout naturellement trouvé place, pour alimenter les réflexions sur les représentations de la culture estonienne.

La reconquête des friches industrielles

La ville de Tallinn s’est ainsi orientée vers la recomposition de son centre-ville, prolongé par la reconquête des friches industrielles situées entre le centre historique et le port. Abandonnées durant la période d’occupation, ces friches étaient au cœur de la vie industrielle de début du 20ème siècle: elles représentaient un enjeu culturel important dont se sont emparés de jeunes architectes estoniens pour affirmer une position résolument contemporaine.

Fort d’une synthèse entre la tradition des beaux-arts et la politique des modèles soviétiques, ces jeunes architectes ont manipulé les constructions anciennes, les ont enserrées ou surplombées, détournées de leur temps initiaux pour les inscrire dans le présent de la culture estonienne. Ils ont ainsi transformé l’image du quartier industriel Rottermani, et plus largement, celle du centre de la ville.

La rénovation de l’atelier de menuiserie, réalisée en 2008 par l’agence Koko, présente trois volumes de verre, ajoutés à la bâtisse en pierre protégée. L’ancienne minoterie, elle, a été surélevée par un volume en acier corten de deux étages; elle se prolonge dans un nouveau bâtiment dont la façade aléatoire témoigne du langage plastique adopté par les architectes.

L’îlot urbain dessiné par l’agence Kosmos au nord du quartier, ne déroge pas à la règle: le sol se plie pour accueillir un centre commercial en rez-de-chaussée et venir chercher les usagers depuis la place centrale. Logements, bureaux et commerces coexistent ainsi dans une proximité étonnante, rendue séduisante par le dégagement de points de vue sur le port et le quartier.

Le quartier Rotermanni est ainsi devenu un nouvel emblème pour la ville et les architectes, qui participe pleinement à la composition d’un nouveau centre à l’échelle des ambitions métropolitaines: centre moderne, centre historique et centre contemporain coexistent dans l’espace pour donner forme à l’image de la capitale européenne.

 

La requalification de l’espace public

La proximité immédiate des différents centres interroge cependant leurs articulations symboliques et spatiales. Si, au pied de l’hôtel Viru, le centre commercial draine les passants vers la principale porte d’accès au centre historique, les cheminements vers le quartier Rottermani sont plus difficiles à trouver et à pratiquer. La rue Narva est en effet une artère très passante et la place Viru reste encore un giratoire qui laisse peu de place aux piétons. De part et d’autre de la place se trouvent cependant deux parcs (Tammsaare et Kanuti): ils offrent aux passants des vues multiples sur le centre historique, le centre contemporain et le paysage des tours, tout en assurant une transition douce entre les différents secteurs du centre-ville.

Plus au sud, l’aménagement de la place de la liberté, « Vadabuse Väljak », est venu qualifier une entrée oubliée du centre historique et offrir une place à l’Hôtel de Ville. Organisée comme gare routière communale (terminal des bus et trolleys) durant la période d’occupation, cette place a été inaugurée le 20 aout 2009, pour les 18 ans de l’indépendance. Elle s’appuie sur l’enceinte des anciens remparts et présente, encore une fois, une interprétation singulière du patrimoine historique et soviétique.

Conçue initialement en 1998 par Andres Alver, la place de la Liberté devait articuler un musée de l’occupation, un musée des sciences et un monument à l’indépendance. Les difficultés techniques et fonctionnelles ont cependant reporté les travaux, conduits entre 2008 et 2009. Le musée de l’occupation s’en est ainsi désolidarisé, construit plus tôt et de l’autre côté de la rue Toompea, à quelques centaines de mètres.

La place de la Liberté abrite aujourd’hui le musée des sciences, glissée sous l’avenue Kaarli dans un pliage de sol spectaculaire qui met en scène le patrimoine historique: le découpage des vides s’aligne sur les anciens remparts qui, ainsi prolongés, dialoguent avec les lignes contemporaines de l’architecture estonienne. Cette grande surface, modulée par les changements de matériaux, le mobilier urbain, la subtilité des diverses pentes et l’éclairage minimaliste, est devenue un lieu de cérémonies, de spectacles et de diverses manifestations culturelles. Elle offre une représentation de la culture estonienne, entre traditions et modernités.

Une articulation des temps

Dans l’ensemble du centre de la ville de Tallinn, les architectes estoniens proposent en effet une synthèse entre les traditions hanséatiques et l’héritage de la période soviétique, beaucoup plus présent dans les quartiers périphériques planifiés sous forme de micro-rayons.

Ces ensembles d’habitations, organisés autour d’équipements publics, sont encore le théâtre des pratiques sociales: les espaces extérieurs sont régulièrement l’objet d’aménagements éphémères, temporaires ou durables, qui se présentent comme des signes spontanés de l’organisation de la vie collective. Le statut des sols, entièrement publics, rend possible cette privatisation à différentes échelles, de l’appartement à l’entre-barre. La morphologie sociale, liée aux habitants et à leurs pratiques quasi-quotidiennes de l’espace, se donne ainsi à lire dans l’espace urbain: les micro-rayons présentent des appropriations qui délimitent des territoires de l’intimité. Une tradition sociale, ancrée dans le vécu des espaces, s’affirme alors dans le détournement permanent des espaces architecturaux et urbains.

C’est dans cette tradition sociale que s’inscrit la jeune architecture estonienne: elle prolonge un état d’esprit, une culture du détournement, partagée par la majorité des habitants. Elle démontre ainsi sa capacité à articuler les temps en s’appuyant sur le patrimoine matériel et immatériel de la ville. Au-delà du folklore et des monuments historiques, l’architecture contemporaine estonienne s’inscrit durablement dans l’espace urbain, en devenant une ligne identitaire de l’image de ville.

[1] Cet article est issu d’une synthèse des études architecturales et urbaines menées dans le cadre d’un projet scientifique et pédagogique mené par l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et le Laboratoire de Recherche en Architecture de Toulouse.

[2] La ville de Tallinn est reconnue pour son héritage médiéval. Elle a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en décembre 1997.

[3] Planification du centre ville de Tallinn de 1956 réalisé par H. Arman et O. Keppe, tiré du livre Tallinn Linnaehiusli kujunemine de Dmitri Bruns, 1993

[4] Les microrayons sont des unités de planification urbaine, comptant environ 5000 habitants. Ils sont réalisés par phases (Voirie, équipements, logements) et habités par des populations d’origine majoritairement rurale.

Affiche A4

Exposition « Patrimoines ordinaires et métropolisation » qui aura lieu à la Fabrique Toulouse Métropole du 24 avril au 18 mai.

Cette exposition conçue et réalisée par l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse et le Laboratoire de Recherche en Architecture, présente l’ensemble des projets urbains réalisés parles étudiants de l’ENSA de Toulouse, illustrés par des projets architecturaux.

Le territoire d’intervention porte sur le parcours de la ligne A du métro allant de Balma au Mirail. Pour l’année scolaire 2013-2014,les étudiants se sont notamment penchés sur le périmètre de Wilson à  Jolimont.

Elle présente un « champs des possibles » des transformations des patrimoines ordinaires de Toulouse et les dispositifs de médiation utilisés pour aller à l’encontre des usagers-habitants-citoyens sous la forme de panneaux, de films et d’images.

Elle invite le visiteur à réagir, à questionner, à témoigner, à travers les différents outils proposés et mis à disposition du visiteur.

 

L’ENSA de Toulouse, partenaire de la Communauté urbaine de Toulouse Métropole depuis 2011.

Cette exposition s’inscrit dans le cadre d’un partenariat conclu entre l’ENSA de Toulouse et la Communauté urbaine Toulouse Métropole pour enrichir du regard des étudiants d’aujourd’hui et des professionnels de demain, les études menées par la Communauté urbaine sur les projets d’aménagement du territoire métropolitain.

Il permet à l’ENSA de Toulouse de confronter l’enseignement et la recherche aux réalités et à l’identité du territoire métropolitain et de bénéficier d’échanges et d’expertises.

 

LA FABRIQUE TOULOUSE  METROPOLE

La Fabrique est le lieu d’information et de concertation sur l eprojet urbain de la métropole. Située au pied de l’arche Marengo en face de la Médiathèque José Cabanis, la salle d’exposition de laFabrique a vu le jour en 2009 après des mois de réunions publiques et de concertation auprès de professionnels de l’urbanisme et des habitants.

Espace d’information et d’échanges, la Fabrique accueille aussi bien le grand public (dont les scolaires, étudiants…) que les professionnels. Des délégations nationales et internationales de professionnels et d’élus y sont régulièrement accueillies.  

Horaires d’ouverture de la Fabrique Toulouse Métropole :

-mardi et jeudi : 12h-17h30

-mercredi : 11h-17h30

-vendredi : 10h-17h30

-dimanche : 13h30-17h30

 

Pour plus de renseignements : http://www.toulouse-metropole.fr